Porridge de semoule de maïs jamaïcain de Morgan

Porridge de semoule de maïs jamaïcain de Morgan


Recette de  Morgan Lynzi  @morganlynzi 

Porridge de semoule de maïs jamaïcain de Morgan

Ensuite, dans What Is Black Food?, nous avons rencontré Morgan Lynzi, une créatrice aux multiples facettes qui « rend la révolution irrésistible ». Elle nous a montré comment préparer l'un de ses plats d'enfance préférés (la bouillie de semoule de maïs jamaïcaine) et a évoqué le voyage qu'elle a fait il y a quelques années et qui a changé sa façon de cuisiner.

Quel est votre héritage culturel? Comment votre héritage ou votre culture influencent-ils votre cuisine maison?

Ma famille et mes ancêtres viennent des quatre coins du monde : portugais, jamaïcains, indiens, noirs/créoles. Le mélange de cultures qui compose mon ADN donne le plus souvent lieu à des plats fusion à la maison. Les puristes peuvent mépriser l’idée de mélanger les cuisines, mais personnellement, en tant que personne métisse/multiethnique, il est apaisant de permettre à toutes les facettes de mon identité d’être vues et de coexister dans une même assiette. J’y vois aussi un petit acte de rébellion pour créer un avenir que j’aime, où des cultures très différentes sont amplifiées, et non diluées ou réduites par leur mise en contact. Ce micro-acte de créer un terrain d’entente dans mon assiette est ce que je veux voir à l’échelle macro dans le monde.

Le plat que tu partages aujourd’hui a-t-il une histoire particulière ?

Cette recette provient des sœurs Rousseau — restauratrices jamaïcaines, autrices de livres de cuisine primés et animatrices. J'admire le travail qu'elles accomplissent pour faire rayonner la culture, et plus particulièrement les femmes qui la font vivre. Je me suis approprié la recette en réduisant légèrement les portions et, surtout, en la rendant aussi saine, raffinée, sans sucre et sans produits laitiers que possible, afin que le plat soit non seulement réconfortant, mais aussi nourrissant pour le plus grand nombre.

Que vous évoque le terme « Black food » ?

Les preuves confirment que tous les humains modernes descendent d’Afrique; par conséquent, la cuisine noire représente pour moi un lien direct avec la genèse de l’alimentation.

Y a-t-il des idées reçues sur la cuisine noire que vous aimeriez remettre en question ou dissiper ?

L’idée reçue selon laquelle toute nourriture — qu’elle soit noire, asiatique ou européenne — n’est pas influencée par d’autres cultures est une notion que je souhaite personnellement remettre en question. La recette que je partage en est l’exemple parfait. Nous sommes tous le produit de nos environnements aux multiples facettes et couches. La plupart ne sont pas homogènes en matière de race, de culture, de pensée ou d’influences. C’est pourquoi nous avons une cuisine asiatique influencée par l’Europe de l’Est et une cuisine africaine épicée aux saveurs du Moyen-Orient. Nous n’existons pas dans ces boîtes unidimensionnelles, et notre nourriture non plus.

Quelles expériences et quelles personnes dans votre vie ont façonné votre pratique culinaire et votre façon de penser à la nourriture ?

Mon voyage en Jamaïque en 2018 a vraiment ravivé mon désir de cuisiner davantage de plats proches de mes racines. Ce voyage m’a rappelé qu’il y a bien plus à désirer, à créer et à posséder que ce que mon environnement immédiat (l’Amérique du Nord) me présente comme étant important.

Comment intégrez-vous la joie dans votre pratique culinaire ?

Cuisiner est un acte de joie pure lorsque l’on se rappelle que la nourriture est faite pour nourrir et alimenter notre corps. Lorsque nous mettons les pieds dans notre cuisine ou que nous ouvrons notre réfrigérateur avec cette intention dans le cœur et dans l’estomac, nous sommes plus enclins à apprécier le processus de préparation d’un repas pour nous-mêmes et pour ceux que nous aimons. Cuisiner devient un acte joyeux de soin envers soi et la communauté lorsque l’on se rappelle que chaque repas est une occasion de nourrir nos cellules, les éléments constitutifs de tout ce que nous sommes, à chaque bouchée.

Quelle est votre vision de l'avenir de la cuisine noire aux États-Unis et chez nous ?

Je vois des aliments marginalisés occuper le devant de la scène et devenir de plus en plus célébrés et recherchés, d’une manière qui n’était réservée qu’aux cuisines occidentales de consommation de masse auparavant.


Porridge de semoule de maïs jamaïcain de Morgan

Temps de préparation

10 min

Temps de cuisson

30 min

Quantité

2

Ce qu’il vous faut

Ingrédients

  • 240 ml de semoule de maïs biologique, trempée dans 240 ml d’eau à température ambiante pendant 5 à 10 minutes
  • 720 ml d’eau
  • 1 boîte de lait de coco biologique (je préfère sans gomme)
  • Quelques feuilles de laurier
  • 1/4 c. à c. Sel rose de l’Himalaya (ou le sel que vous avez sous la main)
  • 1/2 tasse de sucre de coco (ou le sucre ordinaire de votre choix)
  • 2 c. à c. extrait de vanille
  • Lait de coco concentré au goût (à préparer en faisant bouillir 1 tasse de crème de noix de coco ou de lait de coco avec 1/4 de tasse de sirop d’érable ou de sucre de coco jusqu’à épaississement)
  • Noix de muscade au goût (pour garnir les bols)

Préparation

Étape 1

Combiner et chauffer le lait de coco, les feuilles de laurier, le sel et 3 tasses d’eau à feu vif jusqu’à ébullition.

Étape 2

Incorporer le mélange de semoule de maïs avec son eau en fouettant, puis réduire le feu pour laisser mijoter. Fouetter fréquemment pour éviter les grumeaux et jusqu'à ce que la semoule de maïs ait épaissi et soit cuite (environ 20 minutes). Ajouter plus d'eau si la semoule de maïs devient trop épaisse.

Étape 3

Retirer les feuilles de laurier et incorporer le sucre de coco, l’extrait de vanille (j’adore celui de Simo’s, une marque appartenant à une femme jamaïcaine !) et le lait concentré selon le goût. Garnir de muscade selon le goût et déguster.

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